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Dans cet article publié dans la rubrique ''Voyage'' sous le titre ''l'âme du Maroc'' et illustré de plusieurs photos, le journaliste Seth Sherwood suit son guide à travers ''les rues sinueuses de la ville'' qui, note-t-il, contrairement à Marrakech, ''s'est tournée encore plus profondément vers son histoire à travers la rénovation des pièces maîtresses architecturales et à travers la création de nouveaux festivals dédiés à ses riches traditions culinaires et musicales''.
Fès est ''un labyrinthe enchanteur, à l'abri du temps'', écrit-il, empruntant la de_script_ion de l'écrivain américain Paul Bowles. ''Comme un grand livre ancien, Fès nécessite une exégèse'', indique le quotidien, avant d'énumérer tous les symboles dont la ville regorge et de s'enthousiasmer devant ''la multitude des sens cachés'' dont peu de lieux sur terre peuvent s'enorgueillir.
L'auteur exprime ainsi son enchantement de ces symboles qu'on peut trouver dans ''les motifs des tapis tissés à la main, dans les tatouages sur les visages des paysannes berbères, dans les dessins tourbillonnés des incrustations de plâtre dans l'architecture, dans les voix des chanteurs traditionnels soufis et gnaouis, dans les techniques des artisans pleins de dextérité et dans les ingrédients de cuisine''.
Toujours au registre des symboles cachés, l'auteur se fie à son guide qui lui explique moult figurations comme celle du chiffre cinq qu'on retrouve partout. ''Géographiquement, il existe cinq répartitions de la ville : au centre, les sites religieux, entourés des lieux d'activité économique, comme les souks, puis les quartiers résidentiels, puis les murailles de la ville et derrière ces murailles, on trouve les cimetières et les jardins", précise l'auteur de l'article.
Le guide lui explique également comment le chiffre cinq rythme presque toute la vie quotidienne et constitue la clé pour comprendre cette ville : les cinq prières quotidiennes, les cinq piliers de l'Islam, la présence obligatoire de cinq établissements dans chaque quartier, (une mosquée, une école, une fontaine commune, un four collectif et un hammam). Il existe également cinq types de motifs qui décorent les lieux religieux (le marbre, la mosaïque, le bois de cèdre sculpté, le plâtre ciselé et les in_script_ions calligraphiques), outre les cinq couleurs, bleu pour le ciel, blanc pour la pureté, noir pour la profondeur, jaune pour la richesse et vert pour l'Islam, des couleurs toutes soigneusement choisies et qu'on retrouve dans la medersa Sahrij, datant du 14ème siècle, relève le journaliste.
Puis au gré de sa promenade derrière son guide, le journaliste remarque que le bruit des 3.000 artisans qui exercent leur art dans de petites boutiques et des ateliers situés à l'arrière des allées peut être entendu de tous les coins. ''Leur savoir-faire est réputé'', s'enchante-t-il, soulignant qu'on a fait appel à des artisans de Fès pour la construction de la mosquée de Paris, et que Mick Jagger a également eu recours à eux pour son hammam marocain.
''Il n'est donc pas surprenant que les deux musées principaux de la ville, le musée Nejjarine et le Musée Dar Batha, soient dédiés a l'artisanat local'', note l'auteur, qui s'attarde sur les tanneries de la ville et sur les influences juive, romaine, arabe et berbère qui ont façonné la cuisine fassie. L'article ne manque pas de relever la spiritualité de la ville, illustrée par ''les voix joyeuses qui fusent d'une maison aux fins fonds des rues tortueuses, accompagnées d'applaudissements rythmés''. Il explique qu'il s'agit d'une veillée de la tariqa tijania.
"Pour les soufis, Fès a de tout temps été une terre sacrée'', écrit-il, se référant à M. Faouzi Skalli, un érudit soufi mondialement connu et fondateur au début des années 90 du festival de Fès des musiques sacrées, qui lui explique ''vous sentez comme si vous étiez dans une grande expansion de la conscience, dans une lumière claire et intense, en proximité avec Dieu''.
L'auteur fait état de la naissance d'un autre festival, cher au coeur de M. Faouzi Skalli et à la ville, le premier festival de la culture soufie qui se tiendra du 27 avril au 2 mai, pour célébrer, comme le lui explique M. Skalli, ''une facette de l'Islam très ouverte sur les autres cultures''.
MAP
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