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Petite histoire du cinéma au Maroc Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrateur   
17-08-2007
Image Comme en Algérie, les débuts du cinéma au Maroc datent de l’époque coloniale. Mais les Marocains n’y furent nullement associés. Ainsi, les frères Lumière tournèrent plusieurs petits films au Maroc en 1896 et organisèrent les premières projections filmées au Palais Royal de Fès l’année suivante.

Felix Mesguich filma, quand à lui l’action militaire menée par les Français pour faire du pays un protectorat. En 1919, le premier des quelques 50 longs-métrages tournés sous l’autorité coloniale au Maroc fut réalisé. Sous cette perspective, une importance infrastructure gérant les moyens de production fut mise en place avec, en 1939, la création du premier laboratoire cinématographique Cinéphone, à Casablanca et en 1944, l’ouverture des laboratoires et studios Souissi à Rabat. Cette même année, le ministère de l’Information se dote d’une structure administrative : Le Service du Cinéma et on créa le Centre Cinématographique Marocain pour réaliser des films documentaires puis, à partir de 1953, des actualités nationales en collaboration avec une société de production française. Durant l’entre-deux guerres, plusieurs grosses productions internationales furent tournées au Maroc. « La Septième Porte » et « Noces de sable », tournés en 1947 et 48 par Andre Zwobada, « Othello » (1949) d’Orson Welles, « Ali Baba et les 40 voleurs » (1954) de Jacques Becker et « L’Homme qui en savait trop » (1955) d’Alfred Hitchcock, mais il fallut attendre encore plusieurs années avant que les cinéastes marocain ne tournent leurs propres films.

Avant l’indépendance, le nombre de salles de cinéma au Maroc passa d’environ 80 en 1945 à quelques 150 en 1956. Ce nombre ne cesse d’augmenter de sorte qu’au début des années 90, il y avait environ 250 salles de cinéma dans le pays, situées pour la plupart en zones urbaines. Les cinéastes marocains ne tirèrent que peu de profits de ce réseau de distribution, car les films importés dominaient les écrans. De plus, les distributeurs marocains s’intéressaient davantage à la production de films étrangers aux titres évocateurs : « Ali Baba », « Maroc 7 », Marie-Chantal » « Requiem pour un agent », « Mission à Casablanca », qu’au soutien de cinéastes nationaux pourtant plein de promesses.

Bien que l’indépendance fut accordée en 1956, il fallut attendre douze ans avant de voir paraître sur les écrans les deux premiers longs métrages réalisés par les cinéastes marocain et produits par le C.C.M « Vaincre pour vivre » (1968) de Mohamed Taz. Ba et Ahmed Mesnaoui, et « Quand mûrissent les dattes » (1968) de Larbi Bennani et Abdelaziz Ramdani. Ce retard était dû en partie à l’attitude du gouvernement. Alors qu’en Algérie, le gouvernement tenait à promouvoir le cinéma, les autorités marocaines semblaient indifférentes à ce moyen de communication.

Ainsi, le CCM, qui était pourtant un organisme colonial, fut maintenu après l’indépendance avec quasiment les mêmes attributions, si ce n’est que le service des actualités fut restructuré en 1958 pour en faire une unité de production indépendante (Actualités Marocaines). De la sorte, le CCM ne dépendait pas du ministère de la Culture mais du ministère de l’Information.

De plus, au lendemain de l’indépendance, l’Etat ne se donne aucun pouvoir pour contrôler l’importation, la distribution ou l’exploitation des films et les 250 salles de cinéma équipées pour des projections en 35 mn furent laissées entre les mains du secteur privé. La faveur fut donc donnée inévitablement aux films étrangers.

La participation limitée de l’Etat marocain dans le cinéma conduisit à une pénurie de films dans les années 70, même si durant cette période deux réalisateurs : Abdellah Mesbahi et Souheil Benbarka réussirent à se faire connaître avec trois longs métrages. Dans une certaine mesure, ils représentaient deux courants opposés du cinéma marocain.

De même, une approche très intellectuelle est manifestée dans le travail de trois diplômés d’écoles de cinéma européennes, qui débutèrent leurs carrières dans les années 70. Il s’agit de Hamid Bennani, auteur d’un très impressionnant long métrage : « Wechma » (1970), Moumen Smihi auteur de « Chergui » (1975) et Mustapha Derkaoui qui débute avec « De quelques événements sans signification » (1974). Tous trois, avec Mohamed Reggab et Abdelkader Lagtâa, furent les pionniers d’un groupe de jeunes cinéastes dont beaucoup réalisèrent par la suite, de petits chefs-d’œuvre.

Source: lopinion.ma 

Dernière mise à jour : ( 17-08-2007 )
 
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